L’atypisme est très souvent le propre des artistes, au point que le mot "artiste" a fini par devenir un terme générique pour nommer toute personne qui se singularise dans sa façon d’être, de faire ou de penser. Chez Abdoulaye Niokhor Bob alias Ngoor, cela prend des proportions si importantes que l’observateur non averti, pourrait facilement le prendre pour de la folie.
Tout en lui renforce cette impression, de son éternel bonnet blanc en permanence rivé sur sa tête pour contenir une tignasse abondante et rebelle, à son regard inquisiteur, tout en lui exprime un mystère indescriptible qui fait de lui un artiste hermétique.
Et comme si cela ne suffisait par, Ngoor s’est choisi une démarche artistique qui est, en grande partie, centrée sur la démence et certaines de ses manifestations comme les troubles de personnalité, les forces mystiques, et le collectionnisme.
En effet il s’est engagé à étudier la démence sous toutes ses coutures, au point de lui consacrer un mémoire de maîtrise au terme de ses études à l’Ecole des Beaux Arts de Dakar en 2001.
Peintre et sculpteur Ngoor est un artiste inclassable, étonnamment seul, dans une solitude insondable qui ne compte que sur l’art pour transcender cet état et accéder à cette vérité dépourvue de toutes souillures qui niche au fond des choses, et des êtres. A ses yeux, la Nature en elle-même est une myriades de vérités que l’artiste ne connaît pas forcement néanmoins il reste le plus habileté à susciter l’élan qui y mène.
"Les arts plastiques participent au parachèvement de l’humanisme dans la mesure ou ils inculquent des valeurs esthétiques, qui complètent celles morales et intellectuelles…" précise t-il.
Adepte inconditionnel de la récupération, à l’image du fou sous l’emprise du collectionnisme, chaque objet ramassé a un caractère sacré et est doté de sens. Sur ses tableaux immenses ou ses sculptures en grandeur nature, prolifèrent un éventail de matériaux hétéroclites comme des bouts de corde, du fil de fer, de la terre…
Le moindre morceau de bois, le plus petit grain de sable qui se retrouve sur ses assemblages, ou tableaux obéit à une volonté de restituer cette vérité propre à la Nature.
Tout le mérite du fou réside en sa capacité à lire la Nature, à trouver un sens à ces objets qui ont cessé d’en avoir pour les autres. Il explique que son travail tourne autour de la dualité entre l’animalité et l’humanité, et s’agirait selon lui d’une interrogation légitime sur ces forces qui semblent guider l’être et lui dicter sa ligne de conduite. Et pour y arriver il se fait l’avocat de la Nature. "La Nature est par essence une diversité, le travail de l’artiste consiste à en faire un résumé pour le rendre plus accessible ; lui donner une vision qui, loin d’être singulière, s’évertue à être le reflet de l’interpellation de la Nature".
A cela s’ajoute son profond attachement à ne point interférer dans cette manifestation. Ainsi, comme si cela ne suffisait pas de se faire appeler Ngoor (i.e bonhomme), il redoute de se faire photographier et se refuse à commenter ou donner des titres à ses œuvres, et pour se justifier il déclare : "elles (ses œuvres) sont l’expression de la Nature et le sens qu’elles peuvent avoir, provient de l’interprétation de ceux qui les regardent. Leur donner un nom limiterait leur sens…"
Convaincu que l’art est une quête de vérité, une vision universelle qui s’exerce au delà de considérations religieuse, ethnique, culturelle, il reste conscient que sa mission consiste à parfaire l’éducation de l’Homme et ainsi le libérer. Et pour étayer cela, il se plait à paraphraser un de ses maîtres-penseurs pour qui, "par l’art, ce qui est dans l’âme prend forme et devient une réalité visible ; par l’art la réalité visible jusque là uniquement physique, prend un sens humain, acquiert une âme".
Daouda NDAO
Dakar, Septembre 2004
© www.sentoo.sn
Monday, August 06, 2007
Damien RICE - 9 Crimes
Almost every morning, in the cold winter of December 2006, while having my morning coffee in a Starbucks in Rosslyn VA, I would hear this strange voice, in a strange music, singing a beautiful strange song. Once I dared ask one of the guys working in the coffee who was this singer. He went into the back of the store, came back later with a sheet of paper on which he had written: Damien Rice "Elephant"...
The evening of the same day, I was in Borders looking for CDs of this guy...
The evening of the same day, I was in Borders looking for CDs of this guy...
Wednesday, March 28, 2007
Le Rap au Sénégal : la revanche des marginaux
Cet article a été pour la première fois publié sur www.joko.sn en 2001. Il a été entretemps repris et publié par www.senerap.com
Le site de Joko n'étant plus en ligne, je le post dans mon blog...
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Le Rap au Sénégal : la revanche des marginaux
A sa naissance, le rap a exclusivement servi à la minorité noire américaine d’exprimer son ressentiment face à une société dont les institutions se disaient démocratiques alors que dans la réalité, elles ne faisaient qu’amplifier les rivalités et l’écart entre les noirs et les blancs. Le rap apparut alors comme un refuge pour tous ces jeunes au bas de l’échelle sociale qui tentaient de survivre dans un environnement gangrené par des préjugés raciaux, sous l’emprise de la pauvreté, la violence et la drogue.
Au Sénégal, le rap a plutôt eu des airs d’exutoire pour des jeunes, le plus souvent, des rejets du système scolaire. Leur colère et leur ressentiment ont été attisé par l’oisiveté dont ils étaient victimes et par l’impunité accordé à une couche de la population. Le rap a dès le début servi à dénoncer toutes les tares d’une société sénégalaise en pleine mutation, une société plus prompte à imiter naïvement les dernières tendances européennes ou Américaines que de s’inspirer de sa richesse culturelle dans laquelle les occidentaux eux-mêmes viennent puiser la spiritualité et la vérité qui avaient fini par disparaître de leur vie à cause d’une focalisation irréfléchie sur le matérialisme. D’où le leitmotiv commun à tous les titres rap (lyrics) "ku xamul fa nga jëm delul fa nga joge" (Si tu ne sais plus où tu vas, retournes d’où tu viens).
Les politiciens, qui sont de tout temps intouchables, deviennent despunching-balls pour ces jeunes, victimes d’un mal de vivre, inquiets de leur avenir mais aguerris par de multiples et fréquentes épreuves, et surtout déterminés à "éduquer" leurs aînés. Nul n’est à l’abri de leurs sermons, qu’il soit père de famille, chefs religieux ou coutumier, une véritable révolution sociale voit le jour. Leur langue "acérée" déverse chaque jour un peu plus des messages de plus en plus engagés jusqu’à tomber dans une violence verbale qui paradoxalement n’incite nullement à la violence physique. Le rap s’impose progressivement avec une impressionnante richesse artistique dans des styles variés mais tous originaux qui partent des airs soft, langoureux et mélodieux des "possees" comme Sunu flavour, jusqu’à celui volontairement provocateur de ceux qui se sont autoproclamés défenseurs du "hard core" (noyau dur) comme le Rapadio. Pour la première fois des jeunes osent s’attaquer à la configuration de la société qui cautionne certaines pratiques indécentes parceque fermant les yeux sur leur réalité pour des soi-disant raisons de "soutoura" (pudeur) ou de "kersa" (discrétion). Les rappeurs refusent d’optempérer. Point de complaisance pour aborder des problèmes d’une société qui nage dans ses propres contradictions, ses silences coupables, ses hésitations.
Rien ne peut arrêter ces jeunes, qui vont jusqu’à s’inspirer des textes coraniques pour mieux légitimer leurs diatribes et inviter à une spiritualité plus saine, plus authentique. Le régime politique qui était en place depuis l’indépendance qui ne trouvait plus de répondant au sein d’une jeunesse désœuvrée en a fait les frais ; ces rappeurs qui auraient pu lui servir d’indicateur s’il était un peu plus attentif à leur cri de cœur ont grandement contribué à sa chute. Ceux qui croyaient que le hip hop était juste une saute d’humeur, un phénomène passager ont vite fait de se faire une autre idée. Le rap n’a rien d’une mode, c’est un état d’esprit, une philosophie, une arme que les "sans voix" et les laissés-pour-compte se sont appropriés pour dénoncer l’injustice. Le rap participe à donner aux jeunes une identité, un sentiment d’appartenance à un escadron de "soldats du microphone" (selon l’expression du Daara J) éclairés, investis d’une mission sociale, civique, voire divine auprès des leurs. Ils veulent reconquérir les valeurs africaines menacées d’aliénation et de désintégration.
Ils s’habillent certes comme les jeunes noirs de New York ou Los Angeles (jungles, baskets, casquettes…), parlent comme on le fait dans les ghettos ("n**gers", "f...", "motherf..."…) ils demeurent néanmoins entièrement préoccupés par leur quotidien.
Daouda NDAO
© www.joko.sn
Le site de Joko n'étant plus en ligne, je le post dans mon blog...
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Le Rap au Sénégal : la revanche des marginaux
A sa naissance, le rap a exclusivement servi à la minorité noire américaine d’exprimer son ressentiment face à une société dont les institutions se disaient démocratiques alors que dans la réalité, elles ne faisaient qu’amplifier les rivalités et l’écart entre les noirs et les blancs. Le rap apparut alors comme un refuge pour tous ces jeunes au bas de l’échelle sociale qui tentaient de survivre dans un environnement gangrené par des préjugés raciaux, sous l’emprise de la pauvreté, la violence et la drogue.
Au Sénégal, le rap a plutôt eu des airs d’exutoire pour des jeunes, le plus souvent, des rejets du système scolaire. Leur colère et leur ressentiment ont été attisé par l’oisiveté dont ils étaient victimes et par l’impunité accordé à une couche de la population. Le rap a dès le début servi à dénoncer toutes les tares d’une société sénégalaise en pleine mutation, une société plus prompte à imiter naïvement les dernières tendances européennes ou Américaines que de s’inspirer de sa richesse culturelle dans laquelle les occidentaux eux-mêmes viennent puiser la spiritualité et la vérité qui avaient fini par disparaître de leur vie à cause d’une focalisation irréfléchie sur le matérialisme. D’où le leitmotiv commun à tous les titres rap (lyrics) "ku xamul fa nga jëm delul fa nga joge" (Si tu ne sais plus où tu vas, retournes d’où tu viens).
Les politiciens, qui sont de tout temps intouchables, deviennent despunching-balls pour ces jeunes, victimes d’un mal de vivre, inquiets de leur avenir mais aguerris par de multiples et fréquentes épreuves, et surtout déterminés à "éduquer" leurs aînés. Nul n’est à l’abri de leurs sermons, qu’il soit père de famille, chefs religieux ou coutumier, une véritable révolution sociale voit le jour. Leur langue "acérée" déverse chaque jour un peu plus des messages de plus en plus engagés jusqu’à tomber dans une violence verbale qui paradoxalement n’incite nullement à la violence physique. Le rap s’impose progressivement avec une impressionnante richesse artistique dans des styles variés mais tous originaux qui partent des airs soft, langoureux et mélodieux des "possees" comme Sunu flavour, jusqu’à celui volontairement provocateur de ceux qui se sont autoproclamés défenseurs du "hard core" (noyau dur) comme le Rapadio. Pour la première fois des jeunes osent s’attaquer à la configuration de la société qui cautionne certaines pratiques indécentes parceque fermant les yeux sur leur réalité pour des soi-disant raisons de "soutoura" (pudeur) ou de "kersa" (discrétion). Les rappeurs refusent d’optempérer. Point de complaisance pour aborder des problèmes d’une société qui nage dans ses propres contradictions, ses silences coupables, ses hésitations.
Rien ne peut arrêter ces jeunes, qui vont jusqu’à s’inspirer des textes coraniques pour mieux légitimer leurs diatribes et inviter à une spiritualité plus saine, plus authentique. Le régime politique qui était en place depuis l’indépendance qui ne trouvait plus de répondant au sein d’une jeunesse désœuvrée en a fait les frais ; ces rappeurs qui auraient pu lui servir d’indicateur s’il était un peu plus attentif à leur cri de cœur ont grandement contribué à sa chute. Ceux qui croyaient que le hip hop était juste une saute d’humeur, un phénomène passager ont vite fait de se faire une autre idée. Le rap n’a rien d’une mode, c’est un état d’esprit, une philosophie, une arme que les "sans voix" et les laissés-pour-compte se sont appropriés pour dénoncer l’injustice. Le rap participe à donner aux jeunes une identité, un sentiment d’appartenance à un escadron de "soldats du microphone" (selon l’expression du Daara J) éclairés, investis d’une mission sociale, civique, voire divine auprès des leurs. Ils veulent reconquérir les valeurs africaines menacées d’aliénation et de désintégration.
Ils s’habillent certes comme les jeunes noirs de New York ou Los Angeles (jungles, baskets, casquettes…), parlent comme on le fait dans les ghettos ("n**gers", "f...", "motherf..."…) ils demeurent néanmoins entièrement préoccupés par leur quotidien.
Daouda NDAO
© www.joko.sn
Friday, March 16, 2007
Is this the return of a lost word?
Hello everybody.
I has been a while since i last published a single word on the blog.
Been so busy, with the legendary American teus-teus (United Teus teus)
I do have a lot to write about... From now on I'll make sure to post some of my thoughts, stories, worries, discoveries...
see ya
Daouda
I has been a while since i last published a single word on the blog.
Been so busy, with the legendary American teus-teus (United Teus teus)
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see ya
Daouda
Thursday, March 15, 2007
Dormir
Dormir debout
Debout en sommeil,
Nu comme un ver en rut
Que diras-tu
Quand le soleil
S’abreuve à tes seins
De ta sève meurtrie
Dormir
Dormir et bavard
Comment taire cet histoire
Que mon cœur hystérique
Conte à tes enfants barbares
Oh merde
Merde
Que je ne puisse
Suivre du regard
Ce monde bavard
Imbécile
Vulgaire et imbécile
Merde
Que je ne puisse
M’éloigner
Fuir
Dans ma carapace
Sourde et muette
Pour ne plus entendre
Ces ragots, ces mensonges
Daouda NDAO
Dakar, avril 1998
Debout en sommeil,
Nu comme un ver en rut
Que diras-tu
Quand le soleil
S’abreuve à tes seins
De ta sève meurtrie
Dormir
Dormir et bavard
Comment taire cet histoire
Que mon cœur hystérique
Conte à tes enfants barbares
Oh merde
Merde
Que je ne puisse
Suivre du regard
Ce monde bavard
Imbécile
Vulgaire et imbécile
Merde
Que je ne puisse
M’éloigner
Fuir
Dans ma carapace
Sourde et muette
Pour ne plus entendre
Ces ragots, ces mensonges
Daouda NDAO
Dakar, avril 1998
"Not Ready to Make Nice" Dixie Chicks
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That song is is from the album "Taking the Long Way" which was in 2006, the ninth best-selling album in the United States. It won the 2007 Grammy Award for Best Album, Best Record, and Best Song (for "Not Ready To Make Nice") and Best Country Album on February 11, 2007. After their Grammy win the Dixie Chicks album Taking the Long Way hit number 8 on billboard top 200 and number 1 on the country album charts and the grammy award winning song of the year Not Ready to Make Nice re-entered the charts at number 4 on the hot 100
Damien Rice 'The Blower's Daughter'
I recently discovered this musicien...
I particulary love listening to his latest album untitled simply "9" (2006). You also listen a previous album like "O" (2002) if you have the chance to...
Wednesday, September 21, 2005
Mr le Président, votre peuple souffre

Il semble inutile de revenir sur l’année 2000. L’alternance avait marqué un tournant dans l’histoire politique et sociale du Sénégal. D’abord l’acceptation de ce scrutin par le président sortant Mr Diouf était une première source de fierté. En vrai gentleman, il a remis le pouvoir en toute simplicité, pendant que d’autres auraient cherché à user d’armes et de violence pour se maintenir "a tout prix".
Un vent d’espoirs a soufflé dans le pays. Les jeunes particulièrement voyaient en ce nouveau président, vous, l’homme qui allait mettre fin au chômage endémique et à d’autres maux encore…
Il est vrai qu’on ne peut pas en 5 années redresser totalement un pays, il est vrai que l’exercice du pouvoir est beaucoup plus difficile qu’on ne le croit lorsque l’on est opposant mais, Mr le Président, votre peuple souffre.
Les dernières inondations ont plongé les populations dakaroises dans un immense désarroi. Des centaines de familles ont du quitter leur anciens lieux d’habitation pour chercher des gîtes là ou c’est possible, des enfants ont quitté leur cadre de vie avec les conséquences psychologiques que cela peut créer. La nuit tombante, ce sont les petites filles et les jeunes adolescentes qui sont exposées à toutes sortes d’agresseurs sexuels…
A Malika ou à Grand Yoff, les populations se plaignent de n’avoir rien encore reçu des autorités, même au CICES classé site le plus pourvu en aide, l’espace manque et les repas n’arrivent pas toujours pour tous. Ceci sans compter qu’avec la rentrée prochaine, toutes les diverses salles de classe qui servent de "camps" devront être libérées.
Tout cela pour dire que l’Etat n’a pas les moyens de venir en aide à tous ! Quoi de plus normal ? Le monde a été choqué de voir les méfaits du Katrina sur les populations black particulièrement aux USA, une Amérique désemparée qui demande de l’aide au monde et qui à force d’ajustement budgétaire mettra 50 milliards de dollars pour secourir ses sinistrés et reconstruire. Cet importante masse d’argent est jugé d’avance…insuffisante. Si la première puissance du monde a du mal à faire face à ses sinistrés, images qui ont révélé des américains presque laissés à eux-même entrain de chercher désespéramment à manger et à boire dans les décombres… On est tenté de se demander comment un aussi faible Etat que le nôtre va y arriver ?
Ce qui a été saisissant par contre, c’est le grand élan de solidarité dont on fait montre les populations américaines qui ont mobilisé sacs de couchages, habits, aliments dont ce qui était à leur portée pour dire "voici notre contribution".
Ici, Thierno Mountaga Tall, guide religieux engagé a appelé à la solidarité nationale. Toutes les bonnes volontés doivent être mises à contribution pour combattre l’insalubrité, offrir des moustiquaires imprégnées, distribuer des détergents et autres car figurez vous que le choléra et la paludisme, devenus endémiques au Sénégal font ravage au sein des populations. Ceci engage la responsabilité de tout citoyen.
Actuellement à Dakar, il y a plus de 400 cas de choléra dont deux morts, tandis que les malades du paludisme se comptent par centaines pour ne pas dire milliers.
Lorsque vous allez dans les hôpitaux et autres centres de santé, ils refusent du monde, les gens sont couchés par terre invoquant tous les dieux pour soulager leurs souffrances physiques et morales. La question du coût des soins est importante car ils sont loin d’être gratuits. Les tickets valent 500F Cfa et 1500F Cfa sans compter les ordonnances (qu’il faut payer en cherchant "le plus urgent"), et ne sont pas à la portée de la majorité des gens qui souvent se débrouillent comme ils peuvent. La survivance est devenue le maître-mot.
Une fois dehors, c’est le calvaire des cars qui ont littéralement doublé leurs tarifs quant aux taxis ils sont actuellement hors de portée.
L’environnement est tout aussi préoccupant car en plus des eaux stagnantes, nids du plasmodium, les poubelles disputent la rue aux piétons, le tout entassé devant les maisons à la portée des enfants et du vent qui transporte encore on ne sait quel germe !
Monsieur le Président, votre peuple souffre.
Dès lors, les violences intra partis, les luttes fratricides, les guerres des médias et autres ne font qu’augmenter l’inquiétude de ces braves gens qui se demandent si les autorités sont sensibles à leurs souffrances.
Et pourtant vous êtes loin d’être insensible encore moins aveugle. N’acceptez plus le rôle du roi coupé de ses réalités qui n’a aucune idée des tracas de son peuple, voilé qu’il est par une cour de courtisans prête à tout pour le distraire. Au contraire, continuez à faire vos visites discrètes et anonymes pour "tâter" le terrain, palper les réalités et nous proposer des solutions humaines.
Ce peuple qui vous a élu, qui souffre de tant de misère, d’inondations, de maladies contagieuses mérite que ayez la tête immergée hors de l’eau pour l’écouter, venir à son chevet et surtout le soulager…
Un vent d’espoirs a soufflé dans le pays. Les jeunes particulièrement voyaient en ce nouveau président, vous, l’homme qui allait mettre fin au chômage endémique et à d’autres maux encore…
Il est vrai qu’on ne peut pas en 5 années redresser totalement un pays, il est vrai que l’exercice du pouvoir est beaucoup plus difficile qu’on ne le croit lorsque l’on est opposant mais, Mr le Président, votre peuple souffre.
Les dernières inondations ont plongé les populations dakaroises dans un immense désarroi. Des centaines de familles ont du quitter leur anciens lieux d’habitation pour chercher des gîtes là ou c’est possible, des enfants ont quitté leur cadre de vie avec les conséquences psychologiques que cela peut créer. La nuit tombante, ce sont les petites filles et les jeunes adolescentes qui sont exposées à toutes sortes d’agresseurs sexuels…
A Malika ou à Grand Yoff, les populations se plaignent de n’avoir rien encore reçu des autorités, même au CICES classé site le plus pourvu en aide, l’espace manque et les repas n’arrivent pas toujours pour tous. Ceci sans compter qu’avec la rentrée prochaine, toutes les diverses salles de classe qui servent de "camps" devront être libérées.
Tout cela pour dire que l’Etat n’a pas les moyens de venir en aide à tous ! Quoi de plus normal ? Le monde a été choqué de voir les méfaits du Katrina sur les populations black particulièrement aux USA, une Amérique désemparée qui demande de l’aide au monde et qui à force d’ajustement budgétaire mettra 50 milliards de dollars pour secourir ses sinistrés et reconstruire. Cet importante masse d’argent est jugé d’avance…insuffisante. Si la première puissance du monde a du mal à faire face à ses sinistrés, images qui ont révélé des américains presque laissés à eux-même entrain de chercher désespéramment à manger et à boire dans les décombres… On est tenté de se demander comment un aussi faible Etat que le nôtre va y arriver ?
Ce qui a été saisissant par contre, c’est le grand élan de solidarité dont on fait montre les populations américaines qui ont mobilisé sacs de couchages, habits, aliments dont ce qui était à leur portée pour dire "voici notre contribution".
Ici, Thierno Mountaga Tall, guide religieux engagé a appelé à la solidarité nationale. Toutes les bonnes volontés doivent être mises à contribution pour combattre l’insalubrité, offrir des moustiquaires imprégnées, distribuer des détergents et autres car figurez vous que le choléra et la paludisme, devenus endémiques au Sénégal font ravage au sein des populations. Ceci engage la responsabilité de tout citoyen.
Actuellement à Dakar, il y a plus de 400 cas de choléra dont deux morts, tandis que les malades du paludisme se comptent par centaines pour ne pas dire milliers.
Lorsque vous allez dans les hôpitaux et autres centres de santé, ils refusent du monde, les gens sont couchés par terre invoquant tous les dieux pour soulager leurs souffrances physiques et morales. La question du coût des soins est importante car ils sont loin d’être gratuits. Les tickets valent 500F Cfa et 1500F Cfa sans compter les ordonnances (qu’il faut payer en cherchant "le plus urgent"), et ne sont pas à la portée de la majorité des gens qui souvent se débrouillent comme ils peuvent. La survivance est devenue le maître-mot.
Une fois dehors, c’est le calvaire des cars qui ont littéralement doublé leurs tarifs quant aux taxis ils sont actuellement hors de portée.
L’environnement est tout aussi préoccupant car en plus des eaux stagnantes, nids du plasmodium, les poubelles disputent la rue aux piétons, le tout entassé devant les maisons à la portée des enfants et du vent qui transporte encore on ne sait quel germe !
Monsieur le Président, votre peuple souffre.
Dès lors, les violences intra partis, les luttes fratricides, les guerres des médias et autres ne font qu’augmenter l’inquiétude de ces braves gens qui se demandent si les autorités sont sensibles à leurs souffrances.
Et pourtant vous êtes loin d’être insensible encore moins aveugle. N’acceptez plus le rôle du roi coupé de ses réalités qui n’a aucune idée des tracas de son peuple, voilé qu’il est par une cour de courtisans prête à tout pour le distraire. Au contraire, continuez à faire vos visites discrètes et anonymes pour "tâter" le terrain, palper les réalités et nous proposer des solutions humaines.
Ce peuple qui vous a élu, qui souffre de tant de misère, d’inondations, de maladies contagieuses mérite que ayez la tête immergée hors de l’eau pour l’écouter, venir à son chevet et surtout le soulager…
Thursday, August 25, 2005
Lettre ouverte à M. Iba Der Thiam, député du «peuple» à l’Assemblée nationale du Sénégal
Le text suivant est une contribution publiee dans le "Le Quotidien" du 25 aout 2005. Sa pertinence a fait que je nai pas pu resiter a l'envie de le republier dans mon blog. Bonne lecture
-----------
Honorable député du «peuple»,
Le peuple que vous réclamez représenter s’interroge et voudrait avoir des réponses précises à ses interrogations légitimes.
Le mercredi 3 de ce mois d’août, date repère pour les tous jeunes de la génération 60, repère parce que pour la première fois elle assiste, directement ou indirectement au vote d’une résolution de mise en accusation d’une personne ayant occupé de hautes fonctions étatiques ; cette génération de ce peuple que vous êtes censé représenter, vous a entendu dire : «Soyons conséquents.» Bravo, nous saluons de nos deux mains, mais non sans inquiétude.
Ce même peuple que «vous représentez» souhaiterait savoir, également, à qui s’adresse cette interpellation, du reste pleine de sens, tant sur le plan de la morale que de l’éthique.
Soyons conséquents ; D’accord.
Mais, le seul problème à nous est de savoir s’il fallait attendre août 2005 pour être conséquent.
Le député du peuple que vous êtes ou du moins que vous prétendez être, avait-il oublié cette sage leçon, lorsqu’il créait le «Mouvement Abdoo ñu doy» avant de faire un revirement à 180 degrés ?
Justement, parlant de ce mouvement dont vous étiez l’animateur principal, vous décriviez l’ancien président de la République, Abdou Diouf, en ces termes : «… Nous devons soutenir le candidat Abdou Diouf. Non seulement parce qu’il est le candidat de l’espoir, le candidat de la stabilité et de la continuité dans le changement, mais aussi et surtout parce qu’il incarne une certaine idée de l’unité nationale.»
De Maître Wade, l’opposant d’alors, et que nous autres avions choisi depuis fort longtemps, vous disiez : «… Ne pas soutenir un candidat qui invite les citoyens de son pays à organiser des prières contre le gouvernement qu’ils ont démocratiquement investi de leur confiance : … le mouvement «Abdoo ñu doy» ne peut voter pour un candidat à la magistrature qui détient le record olympique de l’absentéisme au Parlement où il continue pourtant de toucher ses indemnités, un candidat qui passe tout son temps à dénigrer son pays, son peuple, ses institutions, ses leaders, ses Forces de l’ordre…» Et moi d’ajouter : ce candidat qui est allé houspiller Abdou Diouf, alors président de la République, devant le Palais Bourbon et qui, aujourd’hui soutien que ceux qui dénigrent le pays à l’étranger sont des traîtres ; sans oublier les prières du mardi et les concerts nocturnes de casseroles !
N’est-ce pas vous, également, qui disiez à Maître Ousmane Ngom, lors d’un débat à la télévision nationale que : «Abdoulaye Wade ne sera jamais au pouvoir.»
Et aujourd’hui, de nous dire que le pays n’a jamais été aussi bien gouverné. Honnêtement, cela pose problème.
Soyons conséquents, Honorable député et professeur.
Nos enseignants, ce corps d’élite, nous ont appris la logique arithmétique simple et pourtant à la base de tout raisonnement, à savoir que 1+1 égalent à 2.
Déduction faite que si la seule voix de Djibo Leity Kâ au soir du 19 mars 2000, devait départager les candidat Diouf et Wade, il est évident que l’alternance ne se serait jamais réalisée ; alors que nous autres avions longtemps choisi pour la réalisation d’un changement de régime.
Au même moment, Maître Ousmane Ngom, flanqué de camions remplis d’éléments du Gmi, tenait meeting aux Parcelles Assainies en traitant de tous les noms d’oiseaux les responsables du Pds d’antan, tandis que Serigne Diop exhibait devant les caméras de la Rts un certain Kalidou, militant du Pds ayant attaqué avec arme, son meeting de soutien pour la réélection de son candidat Abdou Diouf.
On revoit encore le trio Ousmane Ngom, Serigne Diop et Dias accueillir le candidat Diouf au Jet d’eau.
Soyons conséquents, Honorable député. Ce peuple n’est pas dupe, il sait écouter, analyser, déduire et agir avec la responsabilité qui s’impose.
Si vous voulez que ce peuple continue de vous permettre de s’identifier à lui, soyez vous-même conséquent, répondez aux questions suivantes :
Est-ce que ce peuple souhaite se voir administré par les gens ci-dessus cités et avec Mme Aïda Mbodj (celle-là qui avait surnommé son candidat Fantomas), Assane Diagne, Adama Sall ?
Est-ce que la conséquence ne devrait pas vous poussez à demander à la justice de donner une suite à la plainte relative à l’agression de Talla Sylla ?
Est-ce que le domicile de Abdou Fall est plus sacré que celui d’Idrissa Seck, fut-il fautif ou victime, malgré les aveux des assaillants citant, nommément le nom de leur commanditaire ?
Qu’en est-il de Abdoulaye Diack qui a avoué, publiquement, avoir volé de l’argent ?
Est-ce permis à un honorable député, fut-il président de groupe parlementaire d’esquisser des pas de danse au sein de l’`Hémicycle, la deuxième institution de la République et de crier : «On a gagné» ?
Qui on ? Le peuple ou le Parti démocratique sénégalais (Pds) ?
La victoire du peuple est celle du droit, pourquoi alors danser s’il est dit ?
Soyez conséquent, M; le député et répondez, à défaut, restez député de votre parti et ne vous identifiez plus à ce peuple dont le choix de se faire diriger par de nouveaux hommes a été relégué aux calendes grecques.
Au mieux, laissez le soin aux députés Moussa Tine du Jëf-Jël et Khalifa Ababacar Sall du Parti socialiste (que nous avons durement combattu) de s’identifier comme les élus du peuple, rien que par la pertinence de leur argumentation. Que je ne sois surtout pas taxé de pro Moussa ou Khalifa. Si, chez nos dirigeants, on attend qu’il soit midi et en août 2005 pour être conséquent, le peuple, lui, s’est réveillé depuis six heures de la matinée.
Le peuple reste et restera conséquent dans sa logique de sanctionner tous les hommes politiques qui se joueront de lui et cela par la voix des urnes.
Couplage ou découplage des élections.
Honorable député, avec mes sentiments de profonds respects, soyons conséquents.
Le peuple que vous réclamez représenter s’interroge et voudrait avoir des réponses précises à ses interrogations légitimes.
Le mercredi 3 de ce mois d’août, date repère pour les tous jeunes de la génération 60, repère parce que pour la première fois elle assiste, directement ou indirectement au vote d’une résolution de mise en accusation d’une personne ayant occupé de hautes fonctions étatiques ; cette génération de ce peuple que vous êtes censé représenter, vous a entendu dire : «Soyons conséquents.» Bravo, nous saluons de nos deux mains, mais non sans inquiétude.
Ce même peuple que «vous représentez» souhaiterait savoir, également, à qui s’adresse cette interpellation, du reste pleine de sens, tant sur le plan de la morale que de l’éthique.
Soyons conséquents ; D’accord.
Mais, le seul problème à nous est de savoir s’il fallait attendre août 2005 pour être conséquent.
Le député du peuple que vous êtes ou du moins que vous prétendez être, avait-il oublié cette sage leçon, lorsqu’il créait le «Mouvement Abdoo ñu doy» avant de faire un revirement à 180 degrés ?
Justement, parlant de ce mouvement dont vous étiez l’animateur principal, vous décriviez l’ancien président de la République, Abdou Diouf, en ces termes : «… Nous devons soutenir le candidat Abdou Diouf. Non seulement parce qu’il est le candidat de l’espoir, le candidat de la stabilité et de la continuité dans le changement, mais aussi et surtout parce qu’il incarne une certaine idée de l’unité nationale.»
De Maître Wade, l’opposant d’alors, et que nous autres avions choisi depuis fort longtemps, vous disiez : «… Ne pas soutenir un candidat qui invite les citoyens de son pays à organiser des prières contre le gouvernement qu’ils ont démocratiquement investi de leur confiance : … le mouvement «Abdoo ñu doy» ne peut voter pour un candidat à la magistrature qui détient le record olympique de l’absentéisme au Parlement où il continue pourtant de toucher ses indemnités, un candidat qui passe tout son temps à dénigrer son pays, son peuple, ses institutions, ses leaders, ses Forces de l’ordre…» Et moi d’ajouter : ce candidat qui est allé houspiller Abdou Diouf, alors président de la République, devant le Palais Bourbon et qui, aujourd’hui soutien que ceux qui dénigrent le pays à l’étranger sont des traîtres ; sans oublier les prières du mardi et les concerts nocturnes de casseroles !
N’est-ce pas vous, également, qui disiez à Maître Ousmane Ngom, lors d’un débat à la télévision nationale que : «Abdoulaye Wade ne sera jamais au pouvoir.»
Et aujourd’hui, de nous dire que le pays n’a jamais été aussi bien gouverné. Honnêtement, cela pose problème.
Soyons conséquents, Honorable député et professeur.
Nos enseignants, ce corps d’élite, nous ont appris la logique arithmétique simple et pourtant à la base de tout raisonnement, à savoir que 1+1 égalent à 2.
Déduction faite que si la seule voix de Djibo Leity Kâ au soir du 19 mars 2000, devait départager les candidat Diouf et Wade, il est évident que l’alternance ne se serait jamais réalisée ; alors que nous autres avions longtemps choisi pour la réalisation d’un changement de régime.
Au même moment, Maître Ousmane Ngom, flanqué de camions remplis d’éléments du Gmi, tenait meeting aux Parcelles Assainies en traitant de tous les noms d’oiseaux les responsables du Pds d’antan, tandis que Serigne Diop exhibait devant les caméras de la Rts un certain Kalidou, militant du Pds ayant attaqué avec arme, son meeting de soutien pour la réélection de son candidat Abdou Diouf.
On revoit encore le trio Ousmane Ngom, Serigne Diop et Dias accueillir le candidat Diouf au Jet d’eau.
Soyons conséquents, Honorable député. Ce peuple n’est pas dupe, il sait écouter, analyser, déduire et agir avec la responsabilité qui s’impose.
Si vous voulez que ce peuple continue de vous permettre de s’identifier à lui, soyez vous-même conséquent, répondez aux questions suivantes :
Est-ce que ce peuple souhaite se voir administré par les gens ci-dessus cités et avec Mme Aïda Mbodj (celle-là qui avait surnommé son candidat Fantomas), Assane Diagne, Adama Sall ?
Est-ce que la conséquence ne devrait pas vous poussez à demander à la justice de donner une suite à la plainte relative à l’agression de Talla Sylla ?
Est-ce que le domicile de Abdou Fall est plus sacré que celui d’Idrissa Seck, fut-il fautif ou victime, malgré les aveux des assaillants citant, nommément le nom de leur commanditaire ?
Qu’en est-il de Abdoulaye Diack qui a avoué, publiquement, avoir volé de l’argent ?
Est-ce permis à un honorable député, fut-il président de groupe parlementaire d’esquisser des pas de danse au sein de l’`Hémicycle, la deuxième institution de la République et de crier : «On a gagné» ?
Qui on ? Le peuple ou le Parti démocratique sénégalais (Pds) ?
La victoire du peuple est celle du droit, pourquoi alors danser s’il est dit ?
Soyez conséquent, M; le député et répondez, à défaut, restez député de votre parti et ne vous identifiez plus à ce peuple dont le choix de se faire diriger par de nouveaux hommes a été relégué aux calendes grecques.
Au mieux, laissez le soin aux députés Moussa Tine du Jëf-Jël et Khalifa Ababacar Sall du Parti socialiste (que nous avons durement combattu) de s’identifier comme les élus du peuple, rien que par la pertinence de leur argumentation. Que je ne sois surtout pas taxé de pro Moussa ou Khalifa. Si, chez nos dirigeants, on attend qu’il soit midi et en août 2005 pour être conséquent, le peuple, lui, s’est réveillé depuis six heures de la matinée.
Le peuple reste et restera conséquent dans sa logique de sanctionner tous les hommes politiques qui se joueront de lui et cela par la voix des urnes.
Couplage ou découplage des élections.
Honorable député, avec mes sentiments de profonds respects, soyons conséquents.
Lamine DIOP
2170 Darou Nianghor
Tally Icotaf - Pikine
Friday, June 24, 2005
Où sont les intellectuels africains ?
Je viens de lire un article intitulé "SIDA : des cobayes humains testés au Cameroun !"* et ne parviens pas à contenir ma colère et mon dégoût face à ce qui se passe dans nos pays. C’est ce qui justifie ces quelques lignes que j’aimerais porter à votre appréciation. Au début des années 90 une femme avait publié un livre intitulé "Et si l'Afrique refusait le développement"; Alors, une foule de soi-disant intellectuels s'étaient érigée contre ce qu'ils appelèrent une manifestation d’un afro pessimisme à outrance, des théoriciens de toute sorte se mirent à écrire, à animer des débats, juste pour démonter la thèse de Axel Kabou. Plus de dix ans après l’histoire semble toujours hésiter mais ceux qui savent lire entre les lignes savent pertinemment qu’elle n’avait pas tort. Plus de dix ans après l'Afrique est obstinément empêtrés dans des maux des incohérences avec comme unique étendard un passé qui ne trouve sa gloire que dans quelques livres d’histoires ; avec une jeunesse à l’avenir incertain du fait des agissements de ses aînés. Plus de dix ans après l'Afrique est toujours au même endroit, alitée, perfusée de toute part avec un record de projections et de statistiques de plus en plus sombres. Les mêmes programmes politiques dépoussiérés pour les rendre plus attrayants, et convaincre les bailleurs de fonds de faire perdurer les perfusions. Les mêmes maladies qui ont disparu sous d'autres cieux continuent de nier la vie à nos enfants, les mêmes guerres, les mêmes pratiques sordides, hypocrites ont fini d’être érigées en règle. Aujourd'hui ces mêmes intellectuelles restent muets devant une Afrique qui se prostitue, s'automutile, s’empoisonne pendant que nos hommes politiques deviennent nos propres bourreaux.Ce sont eux qui décident des guerres. Ce sont eux qui signent les conventions qui autorisent un laboratoire à venir tester ses vaccins sur leurs concitoyens, de la même façon qu’un gouvernement avait dans les années 50 autorisé un lugubre médecin du nom de Hilary Koprowski à essayer un vaccin contre la poliomyélite fait à partir de reins de singes contaminés dont d’aucuns pensent qu’il est à l’origine du passage du virus du sida des singes vers l’homme ; à notez que le singe est naturellement immunisé contre le VIH.Ce sont eux qui contractent des dettes pour leur compte mais en notre nom et celui de nos enfants ; tout en pillant nos richesses pour entretenir des comptes bancaires des résidences en Europe. Ce sont eux qui vivent dans un luxe insolent alors que dans des quartiers pas loin de leurs palaces les gens démunis et privés même d'eau potable croupissent dans la misère et la déchéance.Mais où sont donc passé les intellectuels Africains? Où sont ceux là même qui tiraient à boulet rouge sur Axel Kabou dont l’unique tort fut d’essayer de nous tirer de notre torpeur et de notre résignation face à une sorte de fatalité mûrement calculée et orchestrée par des hommes qui, pour faire marcher leurs affaires, sont prêts à perpétrer des génocides. Où sont les intellectuelles Africains ? Je vois certains se réclamant de l’intelligentsia africaine, mais ils passent leur temps à récolter des perdis dans des symposium, des conférences, à faire le tour du monde, s’ils ne sont pas devenus des griots chantant les louanges de ceux qui nous dirigent, nos bourreaux. Où sont les véritables intellectuels africains ?
NDaouda
* l’article en question est publié sur le site http://www.grioo.com/
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